Les drones, entre fantasme et réalité

Livreurs express, tueurs invisibles, outils de prévention ou engins de surveillance… Les drones peuvent inquiéter autant qu’ils fascinent. Il va pourtant falloir s’y habituer : ils sont là, et ce n’est qu’un début.

L’ombre des drones plane toujours sur le parc nucléaire français. Pas un jour sans. Dans la nuit de jeudi à vendredi, c’était au tour de la centrale de Marcoule (Gard) d’être survolée par un mystérieux engin. Hier soir, la centrale de Saint-Alban, en Isère, qui était survolée... pour la deuxième fois en trois jours. C’était le dix-neuvième survol de ce type, et toujours aucun suspect, même si les deux aéromodélistes interpellés mercredi dans le Cher ont été mis en examen. Ils ne s’intéressaient toutefois pas au site nucléaire voisin… L’énigme demeure donc totale. Qui s’amuse à survoler les centrales ? Des apprentis terroristes ? Des écologistes ? Ou des militants anti-drones désireux d’alerter l’opinion ? Seule certitude : ce genre d’incident est appelé à se multiplier avec l’envol du marché des drones grand public.

Le facteur de demain ?
Militaire à la base, la technologie a infusé depuis quelques années dans la sphère civile. Résultat : aujourd’hui, les drones sont partout. Inspection de lignes électriques, d’ouvrages d’art ou de voies ferrées, interventions en milieux dangereux, réalisation de relevés, photographie aérienne, surveillance de sites… Les services rendus par les drones sont déjà nombreux, et le phénomène appelé à prendre de l’ampleur.

Un jeune ingénieur néerlandais vient ainsi de mettre au point un « drone-ambulance » capable de délivrer un défibrillateur en une minute dans un rayon de 2 km. Disney a déposé cet été plusieurs brevets afin d’utiliser des flottilles de drones pour animer des marionnettes dans ses parcs. Et les géants de l’internet imaginent déjà un monde où le drone aura remplacé le facteur. Amazon a été le premier à annoncer son service de livraison aérien, dont les tests devraient débuter en Inde. Google lui a emboîté le pas, en dévoilant fin août dans le bush australien son projet Wing. Et pendant ce temps, sa filiale Titan Aerospace planche toujours sur son prototype de drone solaire, capable de croiser à 20 000 mètres pendant cinq ans.

Mais les drones ne servant qu’à ce qu’on décide d’en faire, ils peuvent aussi avoir leur côté sombre. Des modèles grand public ont ainsi déjà été utilisés par l’État islamique pour planifier une attaque, par des dealers australiens pour ravitailler une prison en drogue, ou par des paparazzis pour traquer des stars hollywoodiennes.

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